top of page
Rechercher

Conférence « Participation à la vie démocratique et citoyenneté active des jeunes : enjeux, défis et bonnes pratiques » – 17 octobre 2025

  • Photo du rédacteur: nene Sissoko
    nene Sissoko
  • il y a 4 jours
  • 3 min de lecture

La conférence organisée le 17 octobre 2025 à la Maison de l’Europe de Paris s’inscrit dans le cadre de la clôture du projet européen Youth-PIVOT, coordonné par Femmes Entraide & Autonomie. Elle avait pour objectif de croiser regards académiques, institutionnels, associatifs et témoignages de jeunes européen·nes afin d’analyser les enjeux, freins et leviers de la participation démocratique des jeunes, avec une attention particulière portée aux jeunes disposant de moins d’opportunités .


Des freins structurels et relationnels à l’engagement des jeunes


L’intervention de Maïlys Papeil, experte et formatrice sur la participation citoyenne des jeunes et l’ingénierie démocratique - Doctorante en science politique à l’Université de Montpellier (CEPEL) a dressé un état des lieux préoccupant de la participation des jeunes à la vie démocratique en Europe. Elle a mis en évidence un sentiment largement partagé de défiance vis-à-vis des institutions, alimenté par l’impression de ne pas être écouté·es, par des dispositifs participatifs perçus comme peu influents et par un manque de reconnaissance de l’expertise citoyenne des jeunes .


Ces freins sont particulièrement marqués chez les jeunes des quartiers prioritaires, les jeunes issu·es de l’immigration et les jeunes réfugié·es, pour lesquels s’ajoutent des obstacles sociaux et matériels : précarité économique, discriminations, instabilité administrative, barrière linguistique ou encore éloignement durable des espaces institutionnels. Les intervenant·es du premier panel sur les défis et bonnes pratiques ont souligné que ces jeunes priorisent souvent l’accès aux droits fondamentaux (logement, emploi, santé) avant toute forme d’engagement citoyen, ce qui limite leur disponibilité et leur sentiment de légitimité à participer.


Par ailleurs, les échanges ont mis en lumière des freins relationnels et symboliques : langage institutionnel peu accessible, formats de participation rigides, verticalité des prises de décision. Selon Maïlys Papeil, la qualité du dialogue, la reconnaissance émotionnelle et la posture d’écoute constituent des facteurs déterminants de l’engagement durable, encore trop peu pris en compte dans les pratiques institutionnelles.


Des bonnes pratiques pour une participation plus inclusive et effective


Face à ces constats, les interventions ont permis d’identifier plusieurs bonnes pratiques favorisant la participation des jeunes les moins favorisés. Les retours d’expérience des associations (GHETT’UP, EPIDE, Maison des volontaires, UFOLEP) ont montré l’importance d’aller vers les jeunes, dans leurs lieux de vie, en s’appuyant sur des médiateurs de confiance et des cadres non stigmatisants, adaptés à leurs réalités sociales et culturelles.


Les dispositifs présentés, notamment ceux à destination des jeunes réfugié·es et migrant·es à l’UFOLEP (Primo Sport et Engagé.e.s), soulignent l’efficacité de l’entrée par le sport, l’engagement collectif et les compétences transversales, comme leviers progressifs vers une citoyenneté active. Cette approche permet de restaurer la confiance, de valoriser les parcours et de renforcer le sentiment d’appartenance à la société d’accueil.


Le projet Youth-PIVOT a également été présenté comme une bonne pratique structurante, en combinant formation aux enjeux européens, développement des compétences personnelles (prise de parole, esprit critique, intelligence émotionnelle) et rencontres directes avec des responsables politiques et institutionnels. Les témoignages des jeunes participant·es ont mis en évidence l’impact positif de ces espaces de dialogue pour combler le fossé entre jeunes et décideurs, en redonnant un sens concret à l’engagement démocratique.


Enfin, les intervenant·es ont insisté sur la nécessité pour les institutions de clarifier les objectifs des démarches participatives, d’accepter une réelle co-construction avec les jeunes et d’inscrire ces actions dans la durée. La reconnaissance de la parole des jeunes comme une expertise à part entière apparaît comme une condition essentielle pour renforcer une participation inclusive, durable et émancipatrice.


Le projet Youth-PIVOT est financé par Erasmus+. Il a été mis en œuvre avec trois autres partenaires européens : CESIE(Italie), Save a girl Save a generation (SAGSAG) et People in focus (Albanie).





 
 
 

Commentaires


bottom of page